Après
quatre jours en notre compagnie, c’est un peu la mort dans l’âme
que Jacques nous a laissés, ma contrebasse
et moi, poursuivre le voyage en duo en direction de Vialas.
En entamant ma marche solitaire, je n’ai pu m’empêcher de
repenser aux sentiments éprouvés lorsque, l’ancre relevée,
je me retrouvais seul en mer, orphelin des moments si forts partagés
avec les enfants et les amis de rencontre.
Depuis le début de notre balade
musicale, je suis étonné de constater que sur terre comme sur
mer, l’esprit du voyage reste le même ; les escales, les rencontres
et les émotions qui vont avec, les moments de solitude où la
pensée peut vagabonder… J’ai la réelle impression
de poursuivre un voyage commencé en bateau il y a presque deux ans.
Ce matin, le ciel est limpide. L’orage
entendu au loin de chez les amis qui nous avaient invités à
souper et passer la nuit, y est sans doute pour quelque chose. Parti de la
Croix de Berthel, il m’a fallu quatre heures pour rejoindre
Vialas en traversant cette si belle nature du Mont Lozère.